Réchauffement climatique : la terre bientôt en étuve ?

Une analyse mondiale met en évidence un point de rupture climatique dans un avenir qui n'est pas aussi lointain que prévu. Au-delà d’un réchauffement de 2°C, l’emballement des températures est incompatible avec le fonctionnement moderne de nos sociétés. En matière climatique et environnementale, les mauvaises nouvelles obéissent à une telle routine qu’il devient dur d’alerter les populations sur les dangers à venir. L'expérience mondiale publiée le 6 août dans la revue nord-américaine Proceedings of the National Academy of Sciences ( PNAS ) ressemble sensiblement à un film catastrophe.

C’est une nouvelle alerte inquiétante concernant le climat. Dans cette revue, des chercheurs internationaux affirment que la pollution due aux énergies fossiles risque de pousser la planète dans un état durable et dangereux d’étuve. Si les calottes polaires continuent de se réduire, les forêts d’être décimées et les émissions de gaz à effet de serre de battre tous les ans des records, la Terre va franchir un point de rupture, préviennent-ils. Un basculement qui peut intervenir dans quelques décennies seulement. Or passer ce palier veut dire, selon eux, une température de 4 à 5 degrés Celsius plus élevée qu’à la période préindustrielle et un niveau de la mer 10 à 60 mètres en plus par rapport à aujourd’hui.

Les forêts et les océans ont absorbé ces dernières décennies plus de la moitié des émissions de carbone. Mais les forêts rétrécissent et les océans montrent des signes de saturation en CO2, selon de récentes études scientifiques. Leur rôle d’éponge risque de s’affaiblir. La banquise rappelle 80% des rayonnements du soleil. Mais avec la fonte de cette glace de mer, l’océan qui la remplace absorbe à l’inverse 80% de ces radiations, accélérant le réchauffement. Dans l’Arctique, le premier été sans banquise devrait avoir lieu avant le milieu du siècle. Une situation susceptible de se reproduire tous les quatre ans dans un monde avec 2°C de plus. Les scientifiques s’accordent pour dire qu’il y a une température de bascule au delà de laquelle la calotte glaciaire recouvrant la terre de l’Antarctique ouest et du Groenland fondra. Mais leurs estimations sur cette température changent entre 1°C et 3°C. L’autre question ouverte est le temps que cette glace mettra à se réduire, libérant des volumes énormes d’eau douce dans les océans. Les conséquences pourraient être dévastatrices : deux-tiers des mégalopoles sont installées moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme les plaines agricoles qui les nourrissent. La fonte des glaces de l’Antarctique Ouest et du Groenland conduirait à une hausse du niveau de la mer de 13 mètres. La calotte de l’Antarctique Est, plus sensible au réchauffement qu’estimé avant cela, correspond à douze mètres potentiels supplémentaires.